vendredi 22 mai 2009, par HH
La vigne est une culture pérenne. L’entretien du sol en est donc d’autant plus compliqué.
Longtemps le sol a été travaillé dans sa totalité à la charrue. Les deux inconvénients de cette pratique sont l’érosion provoquée par les pluies souvent orageuses et la pénibilité dû à la répétition des passages. Les avantages sont évidents : le sol est aéré et vivant.
A partir des années 70 arrivent les désherbants qui au départ étaient sous forme de granulés plus ou moins efficaces pour arriver aujourd’hui à des produits liquides qui une fois appliqués ne laissent plus rien pousser pendant plusieurs mois !! Cela semble être la solution miracle mais après plusieurs années d’utilisation intensive les sols accusent le coup et meurent...Un sol mourir ? Et oui, le sol est vivant : il contient en temps normal 80 % des être vivants de notre planète. Pour plus d’infos.
L’enherbement semble aujourd’hui une alternative intéressante. Pratiqué de longue date par les Suisses et les Allemands, les alsaciens l’adoptent progressivement depuis 25 ans. Les autres régions françaises, d’abord très réticentes finissent par apprécier cette technique culturale.

Le reproche principal qui lui est fait de concurrencer la vigne est la plupart du temps infondé. La vigne s’adapte en deux ou trois ans car son système racinaire est bien plus profondément implanté que celui des herbes.
Les avantages sont multiples :
L’érosion est inexistante puisque le système racinaire des herbes retient la terre comme un filet.
L’activité biologique sous cette masse verte est très intense, la vie revient !
le sol n’étant plus mis à nu, maintient un bon taux d’humidité même durant les périodes les plus sèches.
Le vigneron peut facilement maîtriser la pousse de ces herbes en passant avec un broyeur ou une tondeuse.
Pour notre part, nous sommes allés encore un peu plus loin dans le raisonnement. Couper l’herbe régulièrement provoque une sélection des graminées au détriment des autres plantes comme les ombellifères, légumineuses, crucifères, composées, plantaginées etc
Les graminées sont intéressantes mais pas seules...sauf pour les belles pelouses ! La diversité des plantes permet une bonne couverture du sol et une diversité des insectes qui y vivent ou qui s’en nourrissent. Les populations d’insectes parasites de la vigne sont régulées par leurs prédateurs qui sont joliment appelés les auxiliaires !!

La solution à la maîtrise de l’enherbement sans faucher vient du Brésil : le Rolofaca. A la suite d’un article du journaliste David Lefebvre nous avons été les premiers à utiliser cet outil dans les vignes ! Depuis nous avons fait des émules (il y a plus de trente rolofacas en Alsace et quelques uns dans d’autres régions viticoles)

Le principe est simple : un rouleau muni de barres transversales couche l’herbe et pince sans couper les tiges dont la circulation de la sève est perturbée. La plante ralentie sa croissance et finie par dessécher. Un paillage naturel se forme et l’activité biologique du sol en est accentuée !


Le seul inconvénient, si cela en est un, est l’aspect prairie un rien désordonnée qui n’a rien à voir avec le style "pelouse" de certaines vignes.
Mais nous ne sommes pas des paysagistes, ce qui importe c’est le résultat dans la bouteille : un bon vin, naturel et authentique...n’est ce pas Jean de Florette ?
